Je meurs.
Grâces artificielles des Ménestrels officiels
Emplissent vos esprits de joies superficielles
Mais les rires éphémères et vos chants bien trop clairs
Ne sauront vous soustraire à l'agonie de vos chairs
Plus fier que cynique, silencieux et serein
Je souffre vos délices
Vous taisez votre sort
Lorsque nos vies s'échappent à chaque instant de nos corps
Déchirures Infâmes
Douleurs pitoyable
Mon destin nocturne
plongé dans le noir
Une couleur désespérée...
Un autre fragment de rien, Qui scellera notre Sort
L’ombre est une vie, taciturne et sonore
Fidèle à nos envies nocturne Métaphore
Chercher la distance, rester dans le noir
Crier le troublant, dire un autre espoir
L'obscurité s’écoule dans mes veines
Et Mon univers à jamais se déchaîne
Sonate pour un Déluge
Perpétuelles victimes de leur propre ignorance
Masques anonymes défilant en silence
Rictus similaires de lassitude résignée
Rouages interchangeables d'une vieille machine déréglée
Se noyer dans la masse, refuser d'exister
Retrouver le Néant dont nous fûmes tous extraits
Patienter jusqu'au bout dans la médiocrité
Absorber les calmants d'une Culture encadrée
Et les excréments fétides des Archanges asservis
A toutes ces machines mourantes de phobies et d'ennui
Désireuses de produire et de reproduire encore
Les mêmes process hérités, garantissant leur Mort
Sont le mortier informe des structures artificielles
De Babylone la Coprophage s'élevant vers le Ciel
L'accomplissement du désir terminal de la Masse
Se perpétue dans la misère, l'ignorance et la crasse
Mais tu ne m'éblouis pas malgré ta cosmétique
Tu ne m'impressionnes pas par tes vaines réussites
Tu es le squame blanchâtre, purulence rhétorique
Psoriasis dévorant une planète anémique
Humanité ! Je te hais toute entière...
Et tu disparaîtras sous ta propre poussière
Des siècles de charnier, des milliards de cadavres
Tous ceux qu'Ordre et Progrès laissèrent de marbre
Alimentent les torchères, les flambeaux de ta «Liberté»
Arbeit macht frei est ta seule Vérité
Grattes-ciels cossus, usines ou camps de travail
Les cathédrales modernes ont soif de vos âmes
SOIF DE VOS ÂMES (répété)
Textes L.
La Pointe de ma lame
Lyric : L.
Qu’ai-je donc encore à rechercher dans tes yeux
Les secrets que tes paupières closes refusent à mes voeux ?
La pâleur spectrale de ton visage prisonnier
Des chaînes de noirceur de nos cheveux emmêlés...
Fascination de ressentir mes lèvres se fendre
Elles pourtant tendues dans le désir de prendre
La pureté livide de ta chair, fatale tentatrice
Recelant les tourments ardents nés des plus grands vices
Tes coups sont trop faibles pour refroidir mon âme
Ton souhait le plus cher dirige la pointe de ma lame
Qui dissèque et t’arrache aux antiques restrictions
De tes tabous macabres ; rends-toi sourde à la Raison
Extrait du Royaume des Ombres, mon esprit fasciné
Traque les lueurs de ta Peur comme seules clefs de sa cage
Profane les saintes stelles de mes cimetières désertés
Je m’y glisse en ton être, y accomplis mon forfait
Et sous l’armure antique de mépris dédaigneux
Je sens brûler les flammes de jouissances oubliées
Protoplasme répugnant, corps calleux silencieux
Tendu et gorgé de sang, pour tes lèvres érigé
Prends et enserre de tes mains agiles ce présent monstrueux
Les fièvres qui me peuplent troublent le marbre de tes yeux
Que les tensions de nos peaux contractées se libèrent enfin
Et complètent se mêlant aux brumes des savoirs anciens
Les équations sous-jacentes et sans fin
Cesse de songer, en cet obscur instant, aux spectres avides que nous sommes
Anges privés de vie céleste, mais sommes-nous pour autant des hommes ?
La chaude moiteur des lèvres que je force, les fragrances suaves du souffle que je vole
Nos coeurs ne seront jamais que réceptacles impurs, qu’une simple pointe d’acier affole
Anéantie et livrée aux porcs sera dès lors la structure de nos corps
Dans un ultime frisson complice, plaisir/étreinte de la Mort
Mais en cet ultime instant, si, de l’Enfer, je te refuse les tourments
C’est pour mieux te soumettre enfin à la misère des vivants...
Damage